Suite à la longue crise qui secoue la Garde de sécurité pénitentiaire (GSP), le ministre de la Justice, Garde des sceaux, Bessolé René BAGORO entouré de ses proches collaborateurs a rencontré le vendredi 15 février 2019 à Ouagadougou, une délégation du Syndicat national de la Garde de sécurité pénitentiaire (SYNAGSP).
                                                                                               "Rencontre du SYNAGSP et Monsieur le Ministre BAGORO"

Le Conseil d’Etat a, au cours d’une audience le vendredi 8 février 2019, suspendu la décision gouvernementale de révoquer 10 agents de la Garde de sécurité pénitentiaire (GSP) et a astreint l’Etat burkinabè au paiement de 1 500 000 F CFA « au titre des frais engagés non compris dans les dépens ». Le contrôleur Abdoul Dramane THIOMBIANO et ses camarades seront réintégrés dans la Fonction publique en attendant que la justice se prononce sur le fond du dossier. Une semaine après cette décision du Conseil d’Etat, le ministre de la Justice, Garde des sceaux, Bessolé René BAGORO a rencontré le vendredi 15 février 2019 à Ouagadougou, une délégation du Syndicat national de la Garde de sécurité pénitentiaire (SYNAGSP).

Selon les services de la communication du ministère qui ont cité le porte-parole de la délégation, l’assistant de sécurité pénitentiaire, R. Ahmed ZONGO, quatre points étaient essentiellement à l’ordre du jour. Il s’agit d’un rappel du mouvement d’humeur lancé du 22 octobre 2018 au 10 février 2019, les actes pris, la plate-forme revendicative, les concessions de part et d’autre. « Concernant les actes, notamment la révocation des 10 camarades, la suspension du syndicat, la dissolution de la brigade d’intervention rapide (BIR), le ministre a précisé que ceux-ci n’ont pas été pris dans l’objectif de porter atteinte aux libertés syndicales. Il dit que ce sont des sanctions intervenues à la suite de débordements », a confié le porte-parole de la délégation. Le ministre a précisé que les retenues de salaires ne sont pas des sanctions, mais une conséquence de l’exercice du droit de grève. Sur la plate-forme revendicative, R. Ahmed ZONGO a indiqué que le point concernant la dotation en matériel spécifique a connu une satisfaction partielle. « Cette dotation est effective, nous avons fait le constat de visu. Pour la dotation en tenues, le marché a été attribué. Des solutions idoines sont envisagées pour que la livraison couvre le besoin », a-t-il précisé. Sur la question des avancements, « le ministre nous a dit qu’un travail a été réalisé en septembre dernier par un comité conjoint ministère de la Justice- ministère en charge des Finances-ministère en charge de la Fonction publique-représentants de la Garde de sécurité pénitentiaire. Ce travail est en instance d’être transmis au Conseil des ministres ».

                             "Le Ministre a eu l'amabilité de renouer le dialogue", le SYNAGSP apprécie la rencontre.

Par ailleurs, le syndicat s’est réjoui des « concessions » du gouvernement, relatifs au rétablissement des activités du syndicat et de la BIR sous une autre appellation. « De notre côté, nous avons repris toutes les activités depuis le 10 février et ce jusqu’au 9 mars pour donner la chance au dialogue », a ajouté le porte-parole. Le SYNAGSP dit avoir globalement apprécié la rencontre : « Le ministre a eu l’amabilité de renouer le dialogue. C’est à travers le dialogue que nous pouvons lever les divergences. Cependant, nous attendons que le point relatif aux avancements soit réglé, c’est ce pourquoi nous avions observé le mouvement d’humeur ».

Depuis le mois d’octobre 2018, une violente crise oppose le Syndicat à la direction générale de la GSP. Le 1er novembre 2018, des éléments de la GSP avaient fait irruption au domicile du ministre de la Justice, René BAGORO, pour désarmer les éléments en poste. Suite à ces actes, le gouvernement en Conseil des ministres du 14 novembre 2018 a décidé de révoquer 10 agents pour commission de faute d’extrême gravité, conformément à l’article 164 de la loi n°016-2014/AN du 15 mai 2014 portant statut du personnel de la Garde de sécurité pénitentiaire. Il s’agit d’un contrôleur et de neuf (9) assistants. Il leur est reproché la « commission de faute d’extrême gravité ». Par ailleurs, les activités du bureau du SYNAGPS, ont été interdites « pour manquement à la législation encadrant les activités syndicales ». Le lundi 4 février 2019, le Directeur général de la GSP, Geoffroy YOGO a rendu sa démission au ministre de la justice qui l’a acceptée.

La Rédaction

Ajouter un Commentaire


Code de sécurité
Rafraîchir