Encourager le dialogue !

C’est une palissade que de dire qu’une crise traverse la machine de l’administration électorale burkinabè qui n’est autre que la Commission électorale nationale indépendante (CENI). C’est du moins depuis août 2018 que cette crise s’est matérialisée par un mémorandum publié par des commissaires qui disent dénoncer les difficultés de fonctionnement interne à la CENI. Il s’en est suivi la riposte médiatique du président de la CENI. Ce jeu de déclaration-réponse par média interposé entre des commissaires et le président de la CENI, Newton Ahmed Barry camoufle peu le torchon qui brûle entre les deux parties. Il y a donc une tension interne qui s’est vite extériorisée sur la place publique. Ce qui est normal, c’est que dans le fonctionnement d’une institution, il peut y avoir des difficultés internes ou externes mais l’essentiel est de se presser pour endiguer le mal et trouver des solutions idoines en vue d’éviter que la plaie soit béante.

Cela vaut encore plus pour une institution comme la CENI où la gestion participative et consensuelle doit être de mise. L’administration électorale burkinabè à l’instar de celle des autres pays du monde doit fonctionner sur une base consensuelle afin de relever les défis internes et surtout les défis externes qui consistent à réussir l’organisation des élections crédibles, transparentes et démocratiques. C’est ce challenge qui a droit de cité d’autant plus que le Burkina est à quelques pas des échéances électorales notamment les présidentielles, les législatives et les municipales à venir. Si la crise qui sévit au sein de l’administration électorale persiste, il va de soi que cela peut impacter négativement le processus électoral et la crédibilité des élections. Au regard des positions très tranchées des différentes parties, il y a lieu de s’inquiéter. C’est pourquoi il est urgent que les différents protagonistes rangent leur hache de guerre pour conjuguer les efforts dans un esprit consensuel dans le sens de la matérialisation de la transparence du processus électoral surtout que le vote des Burkinabè de l’extérieur, une première du genre, est en vue pour les échéances électorales prochaines. C’est dire donc que des échanges francs doivent être menés entre les parties en engageant un dialogue immédiat qui permettra d’endiguer les divergences. Sinon dans la formule actuelle, il est clair que le ver est dans le fruit parce que les acteurs de la machine électorale ne parlent pas le même langage relativement aux innovations à introduire dans le double souci de réduire le coût des élections et également de réussir la transparence. Si tant, il est vrai que le dénominateur commun est d’organiser des élections crédibles et transparentes en vue d’éviter à notre pays les vestiges des crises post-électorales, il est nécessaire que les acteurs mettent de l’eau dans leur vin. Ainsi, il faut s’asseoir autour de la table des débats pour exorciser ce qu’il convient de qualifier de panier démoniaque en vue d’aller vers un consensus. Le temps restant n’est plus assez suffisant pour bien le faire. Toute chose qui recommande que l’on mène une course contre la montre afin que tous les acteurs fument le calumet de la paix au lieu de se regarder en chien de faïence.  L’intérêt supérieur du peuple qui doit être à l’avant-garde des actions des commissaires de la CENI, n’est autre chose que de garantir des élections transparentes et démocratiques. Sinon les débats actuels ne sont pas de nature à encourager les partenaires techniques et financiers à prêter main forte à la Commission électorale nationale indépendante. Le Burkina Faso n’a pas besoin d’une crise de plus en ce sens que la situation sécuritaire constitue déjà pour nos gouvernants et le peuple entier une préoccupation majeure à laquelle il importe de trouver une solution concrète et urgente. La synergie d’actions est nécessaire à ce niveau pour inéluctablement garantir la victoire du peuple sur les malfaiteurs qui nous attaquent. Pourtant si cette crise de la CENI s’enlise, elle va embraser la classe politique qui y est représentée, si ce ne l’est déjà, et cela peut être négatif pour la démocratie et la paix dans notre chère patrie.  Alors, allons vite à la table du dialogue pour immoler le diable qui veut diviser nos commissaires !   

Ajouter un Commentaire


Code de sécurité
Rafraîchir