Autant que les autres pays du monde, le Burkina Faso est à un moment plus que crucial de son histoire. Tenaillé depuis près de 5 ans par le terrorisme, le pays des Hommes intègres a été aussi pris dans la spirale de l’impitoyable pandémie du coronavirus (COVID-19). Dire qu’en plus du terrorisme, la fronde sociale portait, depuis un certain temps, un coup dur à son économie et au développement. Voilà que pour ne rien arranger, la maladie à coronavirus a « contaminé » le pays, le classant même en tête des pays de l’Afrique de l’Ouest en termes de cas confirmés et de morts. Pouvait-on vivre pire moment dans la vie d’une Nation ? Pouvait-il arriver pire à un pays comme le nôtre, aux ressources véritablement limitées et « prioritairement » consacrées à la lutte contre les attaques de forces du mal ?

Face à cette situation extrêmement préoccupante, le gouvernement burkinabè a pris de nombreuses mesures. Elles vont de la fermeture des écoles, des marchés, des débits de boisson, des compagnies de transports en commun, des frontières terrestres et aériennes, à un couvre-feu allant de 19 h à 5 h du matin en passant par la mise en quarantaine des villes qui enregistrent au moins un cas confirmé. Mais à vue d’œil, cette batterie de mesures n’est pas suffisamment efficace pour contenir la propagation du COVID-19. Que faut-il donc faire ? A notre avis, le gouvernement doit aller plus loin en appelant au tour de la table décisionnelle, toutes les composantes de la société burkinabè. En effet, ailleurs comme en France et au Sénégal, les chefs d’Etat ont consulté les partis politiques de la majorité et de l’opposition, mais aussi les leaders d’opinion du pays, notamment les représentants des communautés religieuses et de la chefferie coutumière, avant de prendre des décisions majeures comme l’Etat d’urgence sanitaire ou simplement l’Etat d’urgence.

Qu’attend-on chez nous pour effectuer cette concertation essentielle en vue de passer à la vitesse supérieure dans la lutte contre la maladie ? Les mesures burkinabè en cours feront-elles l’exception en arrivant à contrer le mal ? A dire vrai, le système sanitaire national est suffisamment défaillant en termes de personnel qualifié et d’équipements médicaux et il serait illusoire de penser qu’une solution miracle existe. La solution et la meilleure est de prendre le taureau par les cornes en devançant le mal sur le terrain de la lutte. Il ne sert à rien de jouer la politique de l’autruche ou au médecin après la mort. Il est temps d’appeler toutes les forces vives du pays, afin d’engager les moyens rigoureux et les mesures vigoureuses dans le combat. L’opposition politique ne trouvera pas à en redire parce que c’est le moment ou jamais de prouver qu’à des moments aussi cruciaux de la vie de notre patrimoine commun, l’union nationale, bien plus que nécessaire, est impérieuse.

La Rédaction

Ajouter un Commentaire


Code de sécurité
Rafraîchir