Il serait peu que de dire que la tension sociale est à son comble au Burkina Faso. En effet, rarement, le pic de la fronde sociale entre le gouvernement et ses partenaires sociaux que sont les syndicats n’a atteint un tel niveau. Dans les faits, l’extension de l’Impôt unique sur les traitements et salaires (IUTS) aux primes et indemnités des travailleurs de la Fonction publique par le gouvernement à compter de février 2020, a ulcéré la Confédération générale des travailleurs du Burkina (CGT-B) qui a déclenché une série de mesures dont la dernière en date est la marche-meeting du samedi 7 mars. A cette occasion, les syndicats ont annoncé une grève générale du 16 au 20 mars prochain. Hors-mis le 3 janvier 1966 qui a entraîné le départ du régime avec le soulèvement populaire et le coup d’Etat du Régiment de sécurité présidentielle (RSP) des 15 et 16 septembre 2015 qui ont nécessité des grèves générales et illimitées du monde syndical, de mémoire de Burkinabè, la crise sociale n’a jamais été aussi sévère. Mêmes les innombrables grèves du Comité de défense des masses (CODEMPP) et du MBDHP lors de l’assassinat du journaliste Norbert Zongo en 1998 et celles de 2014 contre la modification de l’Article 37 de la Constitution n’ont jamais fait planer autant d’inquiétudes.

La situation est d’autant plus inquiétante que déjà, dans les provinces, l’administration publique tourne au ralenti. Avec les actions sectorielles de protestation organisées par chaque syndicat, il n’y a pratiquement plus de cours dans les établissements, alors que les tribunaux ne tiennent plus de procès et les agents des finances prétextent du manque de réseau pour assurer le service minimum. Qu’adviendra-t-il si les agents de la santé et ceux de la police nationale entrent dans la danse ? Qu’en sera-t-il avec la grève générale annoncée pour le 16 mars prochain ? Que gagne le gouvernement à maintenir cette mesure ?

A notre sens, les deux parties doivent mettre de l’eau dans leur vin en revenant au plus vite autour de la table de discussion. Sinon, à cette allure, ni les syndicats, ni les usagers de l’administration publique, encore moins les caisses de l’Etat ne sortent gagnants. Pour éviter le pire dans un contexte sécuritaire aussi délétère, le gouvernement gagnerait à suspendre la mesure, en attendant de trouver un terrain d’entente pour son application. Parce que quoi qu’on dise, les recettes de cette mesure profiteront au budget national, donc au financement de la construction de plusieurs infrastructures pour le bien-être des Burkinabè.

Quant aux syndicats, même s’ils sont dans leurs pleins droits de contester une mesure qu’ils dénoncent, il sied d’utiliser d’autres moyens de lutte que celui de la grève générale. Et pour cause, en plus d’entraîner une paralysie totale de l’administration, la grève générale fait aussi courir au pays, le risque d’affaiblissement de son dispositif sécuritaire. Ce qui serait une occasion en or pour les groupes terroristes qui ont toujours tiré profit du manque d’union et de cohésion sociale dans notre pays. Et à quoi bon ? Il urge donc pour tous de privilégier l’intérêt supérieur de la Nation. La survie du pays en dépend.

                                                                                                                                                                             La Rédaction

 

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