Selon le chef de file de l’opposition politique (CFOP), à la clôture de l’enrôlement des Burkinabè de l’extérieur (du 4 au 23 janvier 2020 dans l’ensemble des 22 ambassades et consulats retenus pour ce processus), seulement 22 858 compatriotes ont pu effectivement prendre leurs cartes d’électeur contre plus de 2 millions attendus. « Il s’agit d’un échec programmé par le pouvoir en place », a soutenu le président du Mouvement patriotique pour le Salut (MPS), Pr Augustin LOADA qui a animé l’hebdomadaire point de presse du CFOP, le mardi 28 janvier 2020 en compagnie du vice-président de l’Union pour le progrès et le changement (UPC), Amadou Diemdoda DICKO.

Déficit de communication sur la constitution du fichier électoral des Burkinabè de l’extérieur ? Manque d’intérêt pour la chose chez les premiers concernés ? Problématique des documents de votation (CNIB et passeport uniquement) ? Problème de distance entre nos compatriotes et les lieux d’enrôlement ? A notre sens, le problème se trouve véritablement à ce 4e niveau. D’où la relecture à minima du code électoral lors de la dernière session plénière de l’Assemblée nationale, conformément aux recommandations du dialogue politique pour donner la possibilité d’ouvrir des bureaux de votes hors des consulats et ambassades, de commun accord avec les autorités des pays d’accueil concernés, pour rapprocher davantage les bureaux de vote de nos compatriotes.

Mais cette révision du code électoral aurait dû intervenir plus tôt, à l’effet de permettre à la grande majorité des Burkinabè de l’extérieur de se faire enrôler. En effet, elle est venue comme le médecin après la mort, puisqu’elle est intervenue à quelques jours de la clôture de l’enrôlement des Burkinabè de l’extérieur, donc sans effet sur l’opération qui était en cours. C’est pourquoi, conformément aux nouvelles dispositions du Code électoral, l’opposition politique burkinabè demande même la prorogation de l’enrôlement des Burkinabè de la diaspora.

Mais, le Burkina Faso dispose-t-il d’assez de temps et d’argent pour prolonger le processus dans l’ensemble de ces pays ? Selon certaines indiscrétions, cette première opération aurait coûté environ 30 milliards de F CFA et l’ouverture de bureaux de vote dans de nouveaux lieux demandera plus de temps, puisqu’il faut l’accord des pays d’accueil, plus d’argent, plus de moyens logistiques et donc reviendra plus cher au contribuable burkinabè. Pour donner tout son sens à l’opération, il serait judicieux de la proroger, mais à quel prix. Faut-il redéployer les agents et le matériel de la Commission électoral nationale indépendante (CENI)

En tous les cas, on apprend de ses erreurs et l’important est d’avoir fait les premiers pas. Les échecs de cette édition enrichiront les expériences à venir et c’est la démocratie burkinabè qui gagne. Place maintenant à l’enrôlement des Burkinabè de l’intérieur qui va du 4 février au 27 mars 2020. Les défis sont identiques parce que l’expérience a montré que le Burkinabè s’intéresse très peu à la chose politique, surtout au vote de ceux qui doivent les représenter ou présider à leur destinée. Wait and see !

La Rédaction

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