Imprimer
Catégorie : Actualités
Affichages : 992

« Je ne peux ni ne veux avoir des soldats français au Sahel alors que l'ambiguïté perdure à l'égard des mouvements antifrançais. J’invite  donc à Pau le 16 décembre les présidents des cinq pays du Sahel, afin qu'ils clarifient et formalisent leurs demandes à l'égard de la France pour sa présence militaire antiterroriste au Sahel. Nous devons à très court terme clarifier le cadre et les conditions politiques de notre intervention au Sahel avec les cinq Etats africains membres du G5 Sahel ». C’est ce qu’a annoncé le président français Emmanuel Macron, le mercredi 4 décembre en marge du sommet de l’OTAN. Cet avertissement d’Emmanuel Macron, une semaine après la mort de 13 soldats de la force française Barkhane au Mali dans une collision d'hélicoptères, est aussi bien clair que précis : ces ambiguïtés à l'égard des mouvements antifrançais au Mali, Burkina Faso, Niger, Tchad et Mauritanie ne peuvent continuer. Il faut donc clarifier les choses.

« C’est vrai que je n’ai pas suivi en direct cette question mais j’ai appris effectivement que nous sommes invités le 16 décembre à Pau autour de la question de la force Barkhane et des relations de la France ... Nous allons répondre à cette invitation et nous aurons l’occasion de nous parler franchement sur les différentes questions qui se posent aujourd’hui et dans l’activité que nous menons ensemble pour la lutte contre le terrorisme », a d’emblée répondu le président du Faso, Roch Marc Christian Kaboré.

Ce débat est lancé et à notre sens, c’est le moment ou jamais pour nos chefs d’Etat, de discuter d’égal à égal avec la France. Loin d’une quelconque idée d’ingratitude pour ce que l’Hexagone a fait et continue de faire pour les pays francophones africains en terme de défense et de développement, il faut reconnaitre que le sentiment antifrançais qui se développe en Afrique fait partie du cours de l’histoire et il vaut mieux y faire face que d’intimider le peuple par le biais de leurs présidents respectifs.

Qu’à cela ne tienne, les chefs d’Etat des 5 pays du G5 Sahel doivent saisir cette occasion pour se parler « franchement » comme l’a dit le président du Faso. Se parler franchement sous-entend une « clarification » de ce qu’attendent les Africains vis-à-vis de la France, mais aussi une définition claire et précise du champ d’intervention de la France dans nos pays. Cette dernière donne est d’autant plus importante que c’est « le flou » qui entoure cette intervention française en Afrique qui a créé la polémique. La France doit donc montrer patte blanche et agir de sorte à convaincre les Africains qu’elle n’est pas en Afrique pour piller nos ressources ou armer les terroristes comme une partie de l’opinion veut le faire croire. Il y va de l’intérêt de tous, car autant les Africains ont besoin d’un coup de main de la France, autant la France, comme les autres puissances du monde, ont besoin des riches ressources du continent noir. Le partenariat doit donc être gagnant-gagnant entre les deux parties.

La Rédaction