A compter du lundi 21 octobre 2019, le super 91 connait une hausse de 13 F CFA sur l’ensemble du territoire, tout comme le gasoil qui prend 9 F de plus. A Ouagadougou par exemple, le super 91 passe de 657 à 670 F CFA et le gasoil, de 571 à 580 F CFA. Ainsi en a décidé le comité interministériel burkinabè qui a procédé à une révision des prix des hydrocarbures à la pompe. La dernière variation des prix remonte au 8 janvier 2019 quand le gouvernement burkinabè, a annoncé une baisse du prix du litre d’essence de 20 F CFA, celui du gasoil de 30 F CFA et celui du pétrole de 83 F CFA. Deux mois jour pour jour avant, une augmentation des prix des hydrocarbures de 75 F avait été faite. A l’occasion, la Coalition contre la vie chère (CCVC) et d’autres Organisations de la société civile avaient marché pour protester contre la « hausse unilatérale » des prix du carburant au Burkina.

Il est inutile de se voiler la face : cette hausse du prix du carburant à la pompe était prévisible, au regard de l’envolée du prix de la matière première au niveau mondial, avec l’attaque des installations saoudiennes il y a quelques mois. Certes, cette hausse du prix des hydrocarbures ne dépend pas du Burkina Faso qui n’est d’ailleurs pas un pays producteur de pétrole, mais il faut reconnaitre que la situation économique, sociale et sécuritaire actuelle ne se prêtait pas à une telle augmentation. En effet, alors que les Burkinabè peinent à assurer la scolarité de leurs enfants, à les soigner et à les nourrir, cette hausse vient comme un coup de barre pour les assommer. A cela, il faut ajouter la situation sécuritaire déjà préoccupante. Le hic dans cette affaire, c’est surtout le black-out total qu’a fait le gouvernement en termes de communication. L’exécutif devait au moins informer les consommateurs ou du moins les prévenir de cette hausse. Il est vrai qu’aucune augmentation de prix ne serait favorablement accueillie au sein des populations, mais l’information est un droit basique pour elles. Un silence coupable à notre sens qui apporte du vent au moulin de ceux qui accusent de plus en plus le gouvernement de mutisme, alors qu’il demande aux Burkinabè de serrer la ceinture.

Si l’on sait la place qu’occupent les hydrocarbures dans la vie économique et sociale des populations, il faudra s’attendre très rapidement, à une augmentation des produits de grande consommation comme les denrées alimentaires et les prix des tickets de transport voyageurs. Il faut donc éviter de trop tirer sur la corde de la vie chère, parce qu’à force de trimer, les populations risquent de sortir de leurs gongs. Et dans une situation sécuritaire aussi délétère, ce n’est en l’honneur de personne que la fronde sociale prenne un regain de manifestations.

La Rédaction

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