Le Congrès pour la démocratie et le progrès (CDP) est actuellement déchiré par une crise interne au point que le parti est au bord de l’implosion avec en toile de fond, le choix du candidat du parti à l’élection présidentielle de 2020. Ainsi, après la « clandestinité » et la chasse à la sorcière dont il a été victime après l’insurrection populaire d’octobre 2014, le CDP qui se remettait progressivement de sa saignée rechute dans une crise sans précédent. D’un côté, le camp du président du parti, Eddie Komboïgo (EKO) qui tient la baraque, de l’autre, les pro-Kadré Désiré Ouédraogo (KDO) qui réclament la tête du président Eddie et un troisième camp, celui de Mahamadi Kouanda qui semble être centriste, clamant que son candidat est Juliette Bonkoungou.

Cette guerre de positionnement a même entrainé la suspension par le Tribunal de grande instance de Ouagadougou (TGI), du congrès extraordinaire du parti qui était censé se tenir le 16 juin dernier. Le linge sale du CDP se lave désormais sur la voie publique et il serait naïf de croire que cette crise est prete de finir. En effet, les positions sont tellement tranchées que chacun des camps (surtout les camps EKO et KDO) multiplient les rencontres, meetings et autres conférences de presse pour se pourfendre. Les deux parties ont donc le regard tourné vers Abidjan où réside le président fondateur et président d’honneur du parti, l’ex-président Blaise Compaoré qui a voix au chapitre dans les décisions majeures concernant la vie du parti. Mais pour qui connait l’Homme qui use généralement d’une prudence de diplomate, il faut s’attendre à ce qu’il ne prenne pas fait et cause pour une partie, au risque d’acter définitivement l’explosion du CDP.  

C’est donc dire qu’en attendant que les trois parties ne reviennent à la raison au plus vite, les adversaires politiques du CDP boivent leur petit lait, heureux qu’ils sont, de voir cette force politique s’affaiblir à petit feu. En effet, les deux plus grandes forces politiques du moment, le Mouvement du peuple pour le progrès (MPP) et l’Union pour le progrès et le changement (UPC) se frottent les mains dans cette crise, parce qu’uni, le CDP allait constituer une sérieuse menace pour eux. A cette allure, le réveil sera douloureux pour l’ex-parti au pouvoir, s’il ne s’organise pas au plus vite pour régulariser son Bureau politique national (BPN) et appeler un congrès ordinaire afin de désigner son candidat à la présidentielle de 2020. Parce qu’à 16 mois de la présidentielle (novembre 2020), les autres partis peaufinent leur « plan d’attaque » et stratégies de campagne, alors que le CDP lui s’entre déchire du fait de problèmes d’égo. L’avenir très proche nous situera un peu plus. En tous les cas, il faut revenir tout de suite à la raison ou continuer de tirer le diable par la queue.

La Rédaction

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