L’opposition politique a respecté la tradition en sacrifiant à une conférence de presse le 2 avril 2019. Il y avait deux principaux conférenciers à savoir Jean Hubert Bazié, président de l’Espoir et Adama Séré, président du RDEBF.

Le traditionnel point de presse hebdomadaire de l’opposition politique burkinabè a eu lieu le 2 avril 2019. Des questions d’actualité ont été abordés à savoir la visite du Premier ministre qui a eu lieu au CFOP la veille, les nouveaux affrontements meurtriers à Zoaga dans le Boulgou et à Arbinda.  A propos du premier point notamment la visite du locataire du palais de Koulouba dans les locaux de l’opposition, les conférenciers se sont alignés dans le même ordre d’idée que Zéphirin Diabré qui a salué cette visite de courtoisie du Premier ministre. Cette visite est une première du genre qu’un chef de gouvernement rend à l’opposition burkinabè. Comme l’a annoncé le Premier ministre au cours de cette visite, il s’agit de lancer les bases d’un dialogue politique qui aura lieu avec le président du Faso. C’est pourquoi Jean Hubert Bazié a fait montre de la disponibilité de l’opposition à tout dialogue pourvu que cela soit sincère dans le but de relever les grands défis de la nation. Le président du parti de l’Espoir a fait savoir que l’opposition ne souhaiterait pas que cette visite soit un alibi et qu’au contraire elle devrait être un départ pour un dialogue franc entre les différentes parties sur la situation nationale. Les conférenciers n’ont pas manqué de déplorer les affrontements meurtriers qu’il y a eu dans les villages de Zoaga et de Arbinda.

Tout en saluant la réaction des forces de l’ordre, les conférenciers ont regretté l’attitude des membres du gouvernement qui auraient pu prendre des mesures préventives pour éviter la situation d’affrontement d’autant plus qu’il y avait des signes avant-coureurs relayés par la presse.  « Les autorités auraient été appelées à agir en vain. Pire, les coupables des anciennes tueries n’auraient pas été inquiétés.  Pour l’opposition politique, le gouvernement burkinabè est coupable de passivité, si l’on considère que, malgré les alertes rouges successives, des dispositions n’ont pas été prises pour éviter ces affrontements », a laissé entendre le conférencier.    

Jean Hubert Bazié a relevé qu’au regard des faits, le gouvernement doit donner des explications aux populations. Adama Séré, président du RDBF a indiqué que les questions d’actualité intéressent à plus d’un titre l’opposition qui a toujours joué son rôle en la matière.  Il a mentionné que l’opposition a mentionné la mauvaise gouvernance sécuritaire et qu’elle a même procédé à des marches pour montrer le ras-le-bol des populations par rapport aux attaques terroristes. Il a regretté également les affrontements meurtriers récents. Pour lui, il faut des actions vigoureuses pour endiguer le phénomène. « Nous interpellons le gouvernement », a-t-il a lancé. Avant de s’inquiéter sur le déroulement effectif des élections en raison de la psychose généralisée dans certaines régions du Burkina par le terrorisme, les conférenciers ont fustigé le nouveau code électoral en dénonçant le fait qu’il contient des points non consensuels. Pour les conférenciers, c’est la vie des électeurs qui est même en jeu. On ne parle d’élection que lorsqu’il y a la paix. L’opposition a promis de mieux prendre en compte cette question de la corrélation entre les élections et la sécurité. L’opposition a demandé à ce que le gouvernement œuvre pour que la levée du mot d’ordre de la grève du SYNSHA en mettant l’accent sur la négociation.

Jean Patrice Sow

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