L’information est implacable ! Le président tchadien, Idriss Déby Itno, a succombé, dans la matinée du mardi 20 avril 2021, à des blessures reçues au combat ces derniers jours dans la région du Kanem face aux rebelles du Front pour l’alternance et la concorde au Tchad (FACT). Sa mort intervient seulement au lendemain de la publication par la commission électorale, des résultats de l’élection présidentielle tchadienne, l’annonçant vainqueur avec 79,32 % des voix pour son 6e mandat.

Au-delà des soupçons de coup d’Etat militaire qui pèse sur le Conseil militaire mis en place par son fils Mahamat qui le dirige et de complicité de pays occidentaux, la question qui vient à l’esprit est : faut-il rire ou pleurer de cette mort de Idriss Déby ? A tous les coups, il faut en pleurer parce que cette disparition du Maréchal du Tchad n’augure rien de bon pour la lutte contre le terrorisme dans la bande sahélo saharienne, le Golfe de Guinée et le Bassin du lac Tchad.  En effet, depuis sa prise de pouvoir en 1990, Idriss Déby a reconquis le Nord de son pays occupé par les rebelles et sécurisé le territoire national en repoussant les nombreuses tentatives de reversement du pouvoir. Sur le plan militaire, les troupes d’Idriss Déby sont réputés pour leur courage sur les théâtres d’opération avec par exemple l’assaut lancé en 2013 contre les djihadistes au Nord du Mali dans les collines des Ifogass, aux côtés des soldats français. Ses hauts faits de guerre font aussi état de victoire contre « Boko Haram » en 2015 dans une vaste offensive au Cameroun, au Nigeria et au Niger contre les islamistes armés et récemment en 2020, dans la « Colère de Boma » dans son pays et au Nigéria. Les hommes du président tchadien sont aussi l’une des armées les mieux structurées dans la lutte contre le terrorisme dans l’espace G5 Sahel avec un contingent les plus étoffés et deux autres contingents récemment déployés dans la zone des trois frontières (Mali-Burkina-Niger).

Maintenant qu’il n’est plus, il y a un grand risque que les groupes rebelles envahissent le Tchad, fragilisant ainsi son dispositif sécuritaire. Il faudra alors craindre que le Tchad ne subisse le même sort que la Libye devenue un passoir pour les armes, la drogue, le trafic d’humains et le terrorisme, avec son corolaire sur les pays sahéliens. Un syndrome qui guette donc nos pays croulants déjà sous le poids des attaques terroristes depuis plus de 5 ans. Gageons que Déby fils pourra tenir le gouvernail pour que son pays ne sombre pas et les nôtres avec !

La Rédaction

 

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